Quand j'ai commencé le blog, puis le site sur Lluis, j'avais en tête quelque chose qui commence en fait à prendre forme... J'aimerais ouvrir une rubrique à tous ceux qui comme moi, comme toi, aime Lluis et trouve en lui depuis de nombreuses années une source de réconfort et de bonheur, comme on s'enroule dans une couette bien chaude quand on grelotte, comme on se laisse bercer par des bras amis, comme on peut s'envoler quand on se sent cloué au sol.
Donc si vous souhaitez vous aussi participer à cette nouvelle rubrique - en quelque langue que ce soit car ce sera toujours celle de notre coeur - n'hésitez pas à m'envoyer vos écrits, je les mettrai en ligne sur le site www.lluisllach.fr
En voici un second après celui de Joan... je ne résiste pas à le citer ici, sinon allez là
"A chaque fois, lorsque j'entends ces mots et la musique qui les porte, sublime et comme tombée du ciel, je m'étonne de la profonde émotion qui me prend quelque part entre les tripes et le coeur. Je ferme les yeux et, dans mon silence intérieur, j'interdis à quiconque l'entrée de ma bulle de bonheur, sans doute parce que je ressens comme une infirmité mon impuissance à la faire partager autour de moi. Ces mots pourtant ne sont pas écrits dans ma langue, et, d'une certaine manière, je ne suis pas supposé les comprendre. En trente ans d'admiration pour Lluis Llach, j'ai heureusement eu l'occasion de travailler un tout petit peu "mon" catalan, intuitivement souvent, parfois en consultant un dictionnaire en ligne et aussi parce que d'autres passionnés ont fait le même chemin que moi, dans leur bulle à eux. Dans les éditions vinyl du Chant du Monde, il y avait aussi de remarquables traductions littérales des chansons de Lluis. Et puis, ça devait bien un jour servir à quelque chose d'avoir fait du latin(...)
Alors que Franco pètait encore de santé, de morgue et de haine dans cette Espagne scandaleuse qui garrotait des jeunes de mon âge, syndicalistes ou étudiants, anarchistes ou pas, j'ai découvert Lluis Llach à travers ses chansons mythiques de combat dont "L'Estaca", l'oratorio "Campanades A Morts" ou l'ironique "La Gallineta". Après, j'ai progressivement pris la mesure de l'oeuvre du poète et du compositeur à travers de pures merveilles comme "Un nuvol blanc", déjà cité, "Com un arbre nu", au dépouillement quasi métaphysique, ou cette oeuvre majeure qu'est "Viatge a Itaca", adaptée d'un poème de Kavafis. J'ai suivi Lluis à travers les années, non comme un chien suit son maître car je récuse l'étiquette de "fan, mais comme on cherche, engourdi par l'hiver, la chaleur du soleil qui nous fait renaître, encore et toujours, à la vie. Cette musique, cette poésie, cette voix, j'en ai besoin à intervalles réguliers pour survivre au monde qui m'entoure, comme on a besoin d'un coeur qui bat, de pain, de vin et de l'amour de ceux qui comptent pour nous."
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